Le blog de la Licorne

La licorne est la librairie spécialisée en bandes dessinées, manga et comics de Valence, Drôme.

05 juin 2008

Le Combat ordinaire, Tome 4 : Planter des clous

le moins bien de la série mais quand même...., Dernier opus du Combat Ordinaire, Planter des clous se trouve un peu en dessous des autres volumes (notamment le sublime "Les Quantités négligeables"). On lui reprochera quelques séquences trop longues (la discussion finale entre Marco et son pote vers la fin, par exemple) et une émotion un peu plus caricaturale, un peu moins fine que les précédents volumes.
Néanmoins, cela reste une très bonne bande dessinée, très sensible, avec des personnages toujours aussi attachants. Et tout ceux, comme moi, qui ont commencé le cycle avec bonheur, se délecteront de connaître la suite des pérégrinations de Marco et des autres. 3494

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Spirou, le journal d'un ingénu

Jusqu'ici, on connaissait principalement Emile Bravo pour ses BDs proches des romans d'initiation sous forme humoristique (notamment Jules). Pas de raison que Spirou échappe à cette règle.
On ne retrouve donc pas ici le Spirou classique de Franquin, celui des débuts de Rob Vel, celui moderne de Tome et Janry ou celui en plein dans son époque de Fournier ou Nic et Cauvin. On découvre un nouveau Spirou, pas encore formé. Un Spirou qui a une vraie raison d'avoir une tenue de groom, pour qui Fantasio n'est encore qu'un inconnu, où Spip commence à prendre conscience de son existence. Spirou, comme le nom de l'album l'indique, n'est qu'un ingénu, pas ouvert sur le monde qui l'entoure, avec un gros côté boy scout, qui le fait ressembler à Tintin (un nombre de cases hallucinant sert d'hommage à Hergé d'ailleurs, tout en s'en moquant gentiment). le scénario est bien plus crédible que la plupart des autres Spirou, et on rit de bon coeur, autant qu'on tremble.
Les dessins quant à eux sont impeccables. Emile Bravo s'exprime à travers une ligne claire simple, sans jamais être simpliste, et surtout avec un découpage d'une efficacité redoutable. La mise en scène sait provoquer les sentiments les plus variés.
A lire et à relire, cette BD est un classique instantanné.

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15 novembre 2007

Jazz maynard

Jazz Maynard est né dans le mythique et déliquescent quartier d'El Raval, à Barcelone. Ses mauvaises fréquentations et l'argent facile le destinaient à la prison ou à la morgue. Un jour, il décida de tout quitter et de partir aux Etats-Unis, sans se retourner. Dix années ont passé et Jazz est contraint de rentrer au pays qui l'a vu grandir. Sa famille, ses vieux amis, les lieux qu'il fréquentait, tout est resté identique. Même si tout a changé. Jazz se rendra vite compte que l'on peut tenter de se dérober au destin mais que, tôt ou tard, on le retrouve au tournant. Une trilogie barcelonaise... Un polar de plus ? non, cette histoire sort des sentiers battus. Le graphisme est en mouvement perpétuel et les couleurs tirant sur l'ocre contribuent à renforcer cette impression. Il y a du Taxi driver dans les premières planches lorsque Jazz part sauver sa soeur... Il y a une sorte de poésie musicale dans les combats, une chorégraphie d'expressions et de "prises de vue" qui cachent les repères du genre tout en les laissant deviner. Intéressant !

de Raule et Roger chez DARGAUD51wl6_2BcD_2B7L

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24 mars 2007

Pourquoi j’ai tué Pierre

Comment peut-on en arriver là ? Olivier Ka essaye de comprendre. Et pour sortir Pierre de sa vie, il écrit. « Pourquoi j’ai tué Pierre » est un récit « 100 % autobiographique », écrit avec ses tripes par un auteur en pleine possession de ses moyens, qui a décidé de liquider ses comptes avec le passé. A l’âge de 12 ans, le jeune Olivier a été victime d’attouchements de la part d’un prêtre ouvrier avec qui il allait en colonie de vacances. « Je n’ai pas été violé, précise-t-il. Je n’ai pas fait non plus l’objet de violences... » Pourtant, l’homme qu’il est devenu réalise aujourd’hui à quel point l’incident l’a marqué, jusqu’à façonner pour partie sa personnalité. C’est avec un peu d’appréhension qu’on aborde cet album, parce qu’on en connaît le sujet. Parce que connaître le sujet abordé ne veut pas dire qu’on connaît le traitement qu’on lui a réservé, la nausée et une forme de voyeurisme pouvant être au rendez-vous en cas d’échec. C’est sur la pointe de pieds qu’on peut entrer dans ce Pourquoi j’ai tué Pierre, plutôt craintif de ce qu’on va y trouver. Indiscutablement une œuvre marquante, un dessin léger doté de formidables couleurs ; c'est un des meilleurs albums de 2006.
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Scénario ; Olivier Ka
Dessin : ALFRED
Couleurs : Meunier Henri
Editeur : Delcourt

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Ingmar tome2

Sans_titreLe Viking le plus couard est de retour, débarqué et séparé des siens en terre irlandaise mais toujours aussi rêveur et persuadé d’être un modèle chevaleresque. On va d’ailleurs lui attribuer une mission de haut vol: escorter une jeune vierge vers un couvent. On verra que la vierge en question est légèrement plus dégourdie que son preux accompagnateur et l’humour noir fait mouche, autant que l’originalité du récit. Le dessin s’ajuste parfaitement à cette comédie et les couleurs ont été particulièrement travaillées, et l’ensemble donne une fausse impression d’une œuvre effectuée à la va vite. Les jeunes ados devraient apprécier ce « Crâne noir », mais ils devront faire vite avant que leurs parents ne le leur pique…Pas d’hésitation à avoir, donc : suivez les aventures d’Ingmar, le viking poltron qui ne se sépare jamais ni de son doudou-macareux ni de sa "bible du dieu maigre". Du plaisir à coup sûr !

Scénario : bourhis

Dessin : Spiessert

Editions : Dupuis

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L'espace d'un soir

Une histoire savamment menée, un ton original et nuancé, un découpage astucieux, un dessin élégant, des couleurs chatoyantes, de l’ambition juste ce qu’il faut pour embarquer le lecteur…Chassés-croisés amoureux lors d'une pendaison de crémaillère, à suivre aux 4 étages d'un même immeuble. Un Vaudeville moderne et léger, construit suivant un concept inhérent au 9e art ! Un immeuble, quatre étages… Il peut s’en passer des choses en une seule soirée. C’est le principe de base de ce très bel album réalisé par deux femmes, Brigitte Luciani et Colonel Moutarde. Unité de temps, unité de lieu… Nous serions presque dans le théâtre classique si Brigitte Luciani ne faisait pas cohabiter nombre personnages et intrigues parallèles, qui se croisent et s’entrecroisent, pour aboutir à plusieurs finals dont une jolie surprise.

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De Brigitte Luciani et Colonel Moutarde chez DELCOURT

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03 mars 2007

Biotope, Tome 1

J'avais adoré le dessin de Brüno dans ses précédents bouquins (il faut lire Némo) et Appollo est un excellent scénariste, l'alliance des deux me faisait saliver et tient toutes ses promesses. Ce récit de science fiction, qui est en fait un polar, qui est en fait une merveille d'humour pince sans rire est un pur plaisir d'intelligence servie par un graphisme à tomber par terre.  Le dessin est simple, assez géométrique, mais très efficace. Cet univers particulier s’avère immédiatement accrocheur, ce que la lecture vient d’ailleurs confirmer.
D’abord parce qu’en quelques cases, Appollo arrive à donner une vraie épaisseur à ses personnages : le commissaire Toussaint, un petit gros que l’on soupçonne d’être amoureux d’Eunice Rouget son adjointe qui, de son côté, passe son temps à échanger des vacheries avec le dernier membre du trio, l’inspecteur Langevin.
Un album accrocheur.

Editeur : Dargaud (19 janvier 2007)

Collection : Poisson pilote

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02 mars 2007

Lupus de Frederik Peeters

"Lupus" est une BD un peu bizarre, une sorte de road movie de l'espace (précisément là où il n'y a pas de routes). Un peu un OVNI au XXIème siècle, il serait plus à sa place dans les années 50-60 entre Kerouac et hippies. Alors bien sûr il ne se passe pas grand-chose (il y a environ un événement par volume, ça fait peu). Malheureusement on cherche aussi un peu les personnages. Que veulent-ils ? Pas grand-chose. Où vont-ils ? Bof, on verra. C'est remplit de questions existentielles sans questions existentielles. Et plus ça va moins ça va. La série (4 volumes en tout) commence à tourner en rond, les tomes trois et quatre sont assez mous et insipides.

MAIS POURTANT, j'étais entré dedans sans aucun effort, prêt à ressentir les émotions des personnages et du héros.
Car oui, tout est en émotion : grâce à l'auteur et à sa narration, le lecteur ressent une bonne partie de ce que les personnages ressentent. Chaque silence a sa place, chaque geste quotidien sur lequel on s'attarde permet au personnage de réfléchir et au lecteur de ressentir cette réflexion avec lui.
Et puis vient pour moi la double page la plus marquante pour moi de cet album, celle où a lieu le tir de pistolet (les lecteurs sauront de quoi je parle). On voit le héros qui regarde ailleurs, le regard captivé par un oiseau, alors que l'action a lieu juste à côté de lui et que vlan, d'un coup, il réalise. Et j'ai réalisé exactement en même temps que lui. Ce qui s'est passé à ce moment là aurait pu être raconté de plein de manières différentes, mais je crois que celle-ci réussit au maximum à faire ressentir le moment, l'émotion, et la brutalité de ce qu'il s'est produit.
Bref, malgré mes réticences, je me suis senti plongé dans l'univers de Lupus, absorbé par les émotions, les leurs et les miennes sur la fin de l'album.
Excellent donc

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Editeur : Atrabile

Collection : Bile blanche

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Le Photographe, tome 3

Fin 1986. Après trois mois passés avec les MSF en Afghanistan, Didier Lefèvre, le Photographe, décide de rentrer seul en France. Juliette, la chef de mission, s'y oppose ; sans la protection de l'équipe, sans parler la langue, c'est trop dangereux. Didier insiste. Juliette, finalement, lui cède la responsabilité qu'elle exerce sur lui : "Tu es majeur et vacciné. Si tu veux partir, pars". Et c'est le retour. Un retour riche en péripéties et en rencontres, léger et heureux dans les premiers jours, âpre et pénible à l'extrême les jours suivants. Ses photos et sont récit en témoignent. La mission et le chemin du retour marqueront sa vie à jamais. De la même façon que longtemps encore après avoir refermé ce livre poignant, merveilleusement écrit, photographié et dessiné, les lecteurs auront l'Afghanistan chevillé au coeur, et qu'ils n'oublieront jamais ces hommes et ces femmes qui "tentent de réparer ce que d'autres détruisent". 2800135441

J'ai été transporté par ce troisième tome, son intelligence, son humanité, sa dureté parfois et la beauté incroyable de ce pays, l'Afghanistan. J'en suis sorti éprouvé mais avec le sentiment d'avoir vécu quelque chose d'intense et d'enrichissant. Est-ce que la lecture ne devrait pas toujours nous apporter ça? L'alliance des dessins et des photos est d'une grande finesse et le DVD qui va avec donne encore une autre dimension à l'album. Une expérience vraie, qui prolonge magnifiquement les deux premiers volumes. Merci pour le voyage...

Editeur : Dupuis

Collection : Aire libre

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08 décembre 2006

Corps de rêves

Tout, tout, tout vous saurez tout sur la grossesse ! Et plus particulièrement sur celle de Capucine, une jeune auteur de bande dessinée, qui, avec Corps de rêves nous plonge au cœur des neuf mois qui ont précédé la naissance de sa petite fille.

En suivant la chronologie de sa grossesse, on découvre une jeune femme comme tant d’autres, durant ce moment si particulier qui précède une naissance.235_corps_de_reve_1_

Du teste de grossesse, à l’achat de nouveaux vêtements, en passant par les multiples visites médicales, Capucine ne nous épargne rien de ce que constitue le chemin de croix qui mene à la naissance de l’enfant attendu.

Avec un dessin, un trait qui pourrait rappeler celui de Marjane Satrapi, Capucine nous présente un journal intime, drôle, parfois émouvant, dans lequel bon nombre de mamans ou de futures mamans pourraient bien se reconnaître.

Malgré, tout, et c’est ce qu’il constitue sans doute la  seule faiblesse de l’album, on notera un manque d’originalité dans le propos, dans le sens où cette grossesse ressemble finalement a toutes les autres. On aurait préféré, pour un évènement  à la fois très banal mais  tellement magique, un récit plus enlevé, plus croustillant.. bref un peu plus original.

Editeur : lecyclisme

Dessin :Capucine

Auteur de l'article:Johnny West-muller

 

 

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