24 mars 2007

Pourquoi j’ai tué Pierre

Comment peut-on en arriver là ? Olivier Ka essaye de comprendre. Et pour sortir Pierre de sa vie, il écrit. « Pourquoi j’ai tué Pierre » est un récit « 100 % autobiographique », écrit avec ses tripes par un auteur en pleine possession de ses moyens, qui a décidé de liquider ses comptes avec le passé. A l’âge de 12 ans, le jeune Olivier a été victime d’attouchements de la part d’un prêtre ouvrier avec qui il allait en colonie de vacances. « Je n’ai pas été violé, précise-t-il. Je n’ai pas fait non plus l’objet de violences... » Pourtant, l’homme qu’il est devenu réalise aujourd’hui à quel point l’incident l’a marqué, jusqu’à façonner pour partie sa personnalité. C’est avec un peu d’appréhension qu’on aborde cet album, parce qu’on en connaît le sujet. Parce que connaître le sujet abordé ne veut pas dire qu’on connaît le traitement qu’on lui a réservé, la nausée et une forme de voyeurisme pouvant être au rendez-vous en cas d’échec. C’est sur la pointe de pieds qu’on peut entrer dans ce Pourquoi j’ai tué Pierre, plutôt craintif de ce qu’on va y trouver. Indiscutablement une œuvre marquante, un dessin léger doté de formidables couleurs ; c'est un des meilleurs albums de 2006.
PourquoiJaiTuePierre_14092006

Scénario ; Olivier Ka
Dessin : ALFRED
Couleurs : Meunier Henri
Editeur : Delcourt

Posté par licornebd à 00:52 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Pourquoi j’ai tué Pierre

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    De la grande BD, une narration parfaite pour une histoire particulièrement dure à traiter et un thème non moins dur. Un dessin teinté de belle insouciance, de naïveté qui porte parfaitement l'état d'esprit du narrateur à l'instant clé du récit - comme j'ai lu plus haut, il y a un avant et un après. Terrible sentiment de la tromperie, de l'abus de confiance et terrible sentiment de culpabilité en rapport à sa porpre naïveté. Ce moment est amené avec une grande finesse d'esprit, dans le sens où nous suivons le narrateur depuis sa petite enfance. La fin est, elle, particulièrement bien retranscrite au niveau du ressenti que l'on imaginer avoir à ces instants...

    Posté par chauvaux, 24 mars 2007 à 01:03 | | Répondre
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